So green






De la verdure à perte de vue, des vieilles pierres recouvertes de mousses et de fougères, le passé qui s'engouffre dans les ruelles de ces hameaux du bout du monde, et pourtant à portée de roues, oublier cette humidité qui nous colle à la peau malgré les kilomètres, malgré ce mai pourtant prometteur dans ses débuts, se laisser aller à la dérive comme ces rivières trop pleines, et regarder par la fenêtre de notre maison nomade la pluie qui tombe encore et encore, et le soleil qui la poursuit, loin derrière.
Onze ans et demi


J'ai onze ans et demi, et je me sens des fois grande, des fois encore petite. Je veux mettre des boucles "qui pendent". Je confonds les asperges et les jonquilles. Je cherche des sponsors pour la course contre la faim au collège, oui, pour donner des sous à un pays africain, je sais plus lequel, ah si! le Bangladesh...! J'invente des mots: "répugneuse", "déconcentreuse", "dévoration". Mes copines m'écrivent des mots d'amitié pour la vie dans mon agenda. J'adore mes copines. Je soupire souvent "c'est trop nul". Mon frère m'agace. J'aime bien quand même avoir un pti frère pour jouer encore aux playmobils. Je mets des soutien-gorges trop grands. Je laisse mes cheveux pousser, et je range ma frange sur le côté toute la journée. Ma mère veut toujours m'expliquer des trucs quand elle écoute des émissions à la radio. Je baille. Quand même c'est intéressant. Mais elle s'arrête plus! Je suis pressée d'aller écrire mes secrets là-haut, dans ma chambre. Je les cache dans une boîte fermée à clé. Sinon mon frère peut les voir, l'horreur! Et ma mère, encore pire! Je fais le pitre. Beaucoup. Je suis contente car je suis plutôt timide, et enfin on me remarque. Tu sais maman il y a des filles célèbres au collège, et bin je sais même pas pourquoi elles sont célèbres. Moi je suis pas célèbre. Ah si, un peu parce que je vais toute seule au club de poney avec mon gros sac le mercredi aprem, et que je pars avant les autres. Je voudrais être palefrenière quand je serai grande. Et aussi écrire des livres, comme J.K Rowling. Ecrivaine, quoi. J'aurai une maison avec un grand pré pour mon cheval. Un amoureux, peut-être. Des enfants, j'ai pas trop envie. Mais on verra. Oui, j'ai que onze ans et demi. Alors on verra bien.
Le nez en l'air







Ne plus regarder ses pieds comme une bloggueuse (!), devenir homo erectus et se redresser , voir au loin, changer de point de vue, modifier sa perception, s'étirer, étendre son regard, parfois, il suffit lever les yeux pour voir les choses sous un autre angle. Et les apprécier avec un regard neuf!
Moi aussi, je vais mieux...


Parfois il y a des connivences entre la vie et la fiction. Ce titre me faisait de l'oeil depuis un petit moment déjà, quand un matin dans le train je me suis assise à côté d'une dame en pleine lecture de ce roman de Foenkinos. Banal. On le voit partout. Mais le soir, rebelote, je m'assois à côté d'un vieux monsieur tout aussi absorbé dans la lecture de ce même livre. Evidemment il faut être un peu mystique pour voir des signes où il n'y a peut être qu'une simple coïncidence. Mais j'ai filé me l'offrir. Et j'y ai, comme prévu, trouvé l'histoire de mes 2-3 dernières années. Des maux soudains et inexplicables, l'angoisse d'avoir "quelque chose", l'interprétation des silences du médecin, l'attente, l'hypocondrie, la disparition de la douleur dès qu'on est dans la salle d'attente, le regard des autres qui se lassent de mes plaintes, la sensation d'étouffer, l'oppression, ne plus savoir si la douleur déclenche l'angoisse ou si c'est le contraire. La vie qui tourne autour de "et si c'était grave? et s'il y avait quelque chose que personne n'a encore trouvé? et si je disparaissais?". Bref, ça fait sourire quand on sait qu'il n'y a rien d'autre qu'une énorme part psychologique dans tout ça. Et Foenkinos réussit très bien à rendre cet aspect mi-comique mi-inquiétant du "somatiseur". Et à faire de ce roman une gentille petite comédie sur la libération du corps par l'esprit. Sur la façon dont on peut emprisonner son corps, le faire souffrir et déborder par la simple accumulation de contraintes qui n'en ont pas l'air, de frustrations résignées, de manque d'air. C'est frais, léger, sans prétention, j'ai beaucoup souri des expressions de Foenkinos, de ses manières pince-sans-rire, des descriptions de situations dans lesquelles on s'est tous retrouvés un jour. Quand j'ai refermé ce livre, il y a eu une soudaine évidence pour moi, après cette longue traversée : moi aussi, je vais mieux.
PS : Laure, si tu passes par là, j'ai perdu le lien vers ton blog...merci!
PS 2 : un bon moyen anti-stress : le tricot! Je suis pas franchement douée, mais ça oblige à se poser et c'est gratifiant de terminer quelque chose, quand on a l'impression que chaque jour, tout est à recommencer!
VAcAnCEs En KaLéiDoScOpE


















ça range et ça dérange, ça frotte et ça salit partout, ça empile et ça trie, ça rentre et ça sort, ça remue et ça se pose, ça fait des pâtes-vite-fait et des moelleux-qui-salissent-dix-plats, ça se mouille et ça sèche, ça a trop froid et trop chaud, ça pense aux piafs qui ont faim dehors et ça boulotte comme un écureuil, ça court et ça paresse. Un tourbillon de contraires. La vie, quoi!
L'Art du jeu by Maja
Un petit jeu auquel j'avais bien envie de me prêter depuis que Maja a lancé l'idée, celle de s'identifier à une oeuvre d'art, de quelque manière que ce soit!
Alors après avoir longuement hésité, j'ai choisi ce portrait de Jacqueline, pour son long cou, comme le mien, celui qui craque, dont les cervicales me font souffrir souvent, pour ses grands yeux, comme les miens, pour sa posture contemplative et un brin mélancolique, et puis pour ses nombreuses facettes, une fille-puzzle qui ne se ressemble jamais tout à fait selon le point de vue qu'on adopte. Morcelée. Et recomposée. Multiple. Et entière.
Encore du blanc...






Je ne m'en lasse pas, ces paysages enneigés, ce silence soudain, ce calme léger qui nous enveloppe, et cette impression que le temps s'est arrêté.
Encore...
Vous souvenez-vous?...

...de Heidi la petite fille des montagnes, de Blanchette sa jolie petite chèvre, de Pierre le berger, de Melle Rougemond la vieille gouvernante pincée? Et bien je suis fan en ce moment, oui, je sais, c'est plus vraiment de mon âge, mais moi j'en ai toujours rêvé, de la vie de Heidi, perchée là-haut dans ses chères montagnes, avec son pt'i lit en foin et son grand-père qui fait du si bon fromage de chèvre! La vie simple, quoi! Un jour, je finirai tout là-haut dans les pâturages au milieu de mes chèvres, si ce monde me gonfle vraiment trop, je l'jure!!
Et, soit dit en passant, ce chouette manga n'a pas vieilli, et c'est quand même autre chose que tous ces dessins animés bidons qui passent à la télé (la vieille qui parle...). Sinon j'ai relu le bouquin aussi, mais c'est moins rafraîchissant que ce petit bout de femme animé.
Laï La Laï Itou !!!




